en4ki – Peinture
Basé en Alsace, aux environs de Strasbourg, j’expose et peins sous le pseudonyme en4ki. Je développe un univers où se croisent réalisme, couleurs fluo et culture pop.
Depuis toujours passionné par l’art, j’ai exploré l’architecture et le design avant de trouver mon terrain d’expression dans la peinture inspirée de l’art urbain, expressif et vif. Amoureux des poses, de gueules charismatiques (animales ou humaines), je créer des portraits et des compositions figuratives qui mêlent figures populaires et palettes néon inspirées des années 80-90.
Mon travail est nourri par le cinéma, le jeu vidéo, l’animation et plus largement toutes les icônes visuelles qui m’ont marqué. Je revisite ces références à travers différents supports : toiles, planches de skate, vêtements, murs… et je cherche toujours à expérimenter de nouveaux formats comme la résine, l’impression 3D.
Je privilégie le fait main, sans IA ni reproduction standardisée. Chaque pièce est unique, réalisée avec soin et passion. Pour moi, peindre c’est diffuser de la couleur, de l’énergie et de l’émotion, et créer un lien direct avec celles et ceux qui découvrent mon univers. Je n’y verrai jamais un « business » d’où ma volonté de proposer des pièces uniques et accessibles. Je me sens toujours mieux chez vous 😉
Pour me retrouver :
Instagram : https://www.instagram.com/en4ki
Site officiel : https://www.en4ki.com
SON INTERVIEW
Dans son atelier-cocon où s’entassent couleurs, matières et idées en ébullition, Nicolas — alias en4ki — façonne un univers aussi foisonnant que précis. Portraitiste minutieux, dessinateur touche-à-tout bouillonnant, autodidacte assumé et artiste profondément humain, il mêle ses influences puisées du cinéma, des jeux vidéos ou des visages féminins pour donner vie à des œuvres vibrantes. Rencontre avec un créateur solaire, volubile et généreux, qui revendique autant son humilité que sa passion insatiable.
Alice : Hello ! tout d’abord merci de m’accueillir chez toi, dans l’antre de tes créations, berceau de ton imagination, là où de ton cerveau en ébullition naissent des oeuvres uniques.
en4ki : C’est tout à fait normal, ça te permet de visiter mon atelier. J’ai dédié une pièce à l’art, avant je le faisais à même le sol, au milieu du salon, c’était un peu le bordel (rires). Maintenant je me laisse porter au calme, dans mon cocon.
A : Avant de débuter cette interview, comment dois-je t’appeler ? Nicolas, ton prénom officiel, ou en4ki, ton énigmatique pseudo ?
E : Tu peux m’appeler Nicolas, Nik, Nico ou en4ki, c’est comme tu veux ! Par contre je te reprends sur la prononciation, il faut lire le 4 comme un A (rires) !
A : D’ailleurs, pourquoi ce blaze ?
E : On m’a toujours appelé N I K (enika), je voulais faire une anagramme. Donc m’est venue l’idée de « enaki ». Manque de bol, une mangaka japonaise avait déjà ce pseudo. J’ai transformé le A en 4 mais la prononciation reste la même. Cela dit, aucun rapport avec le Japon chez moi !
A : Et d’où nous vient cet artiste volubile ? Quel est ton parcours ? On veut le CV d’un tel talent !
E : Je suis né à Nancy, j’ai grandi à Laxou, je ne sais pas si tu connais (gros blanc). J’étais très bon à l’école… jusqu’en CM2 ! Puis sont venus les copains, les influences… Je me suis lancé dans une formation de maintenance, puis un BTS design pour finir par une licence d’art. J’ai enchaîné les petits jobs jusqu’à trouver un poste de formateur à l’Apple Store de Strasbourg en 2012, où je travaille toujours à temps partiel !
A : Ah oui d’accord, la raison de ta venue ici était donc professionnelle, dans le domaine de l’informatique ?
E : Oui, et c’est pourtant là que tout a commencé pour moi ! Le début du dessin à un niveau plus poussé et professionnel, le début d’en4ki !
A : L’art a été une révélation à cette période de ta vie ?
E : Non, je me considère depuis toujours comme un amateur d’art avant d’être un artiste. Gamin, je m’amusais à recopier les jaquettes et pochettes de vinyles ou cd comme The Prodigy ou King Crimson que mon père écoutait beaucoup. J’étais fasciné par l’aquarelle, mais entre le coût et les taches, je suis resté au dessin… et à la pâte à modeler, je réalisais beaucoup de miniatures type Warhammer !
A : Justement, avec une licence d’art, quelles sont tes inspirations, tes influences ?
E : Je me nourris beaucoup de ce qui m’entoure, de l’art nouveau avec des artistes comme Alphonse Mucha ou Klimt. Mais aussi de jeux vidéos comme Cyberpunk qui est une claque visuelle avec une direction artistique folle, ou encore okami, hotline miami… Ils sont stimulants visuellement. Les films sont également des puits d’inspiration, le cinéma contemplatif comme Blade Runner ou certains acteurs tels que Ryan Gosling ou Harrison Ford ! A peine sorti du cinéma je sais déjà comment je vais m’approprier le personnage à ma sauce et dans quelle posture !
A : Comment décrirais-tu ton univers?
E : C’est difficile de définir son propre style. On m’a dit « portraitiste avec des détails » et « hyperréalisme coloré » Déjà deux mondes qui ne me correspondent pas : le street art, que j’apprécie beaucoup, mais qui est un art de la rue. Je ne me sens pas légitime d’en réaliser. J’ai également du mal avec l’art abstrait, très beau, mais j’ai besoin de voir et faire voir quelque chose : faire apparaître des mains, des nuques, une chevelure… Ça, c’est ma sensibilité.
A : Je suis bluffée par ton travail et la précision dans les détails, les couleurs. As-tu pu faire profiter le grand public de tes talents par une présentation directe ?
E : En 2015, la galerie la Popartiserie m’a ouvert ses portes. Je leur en suis encore reconnaissant à ce jour. Je suis arrivé avec ma pochette à dessins et Solveen Dromson et Erwann Briand, les fondateurs de la galerie, ont de suite accroché ! J’ai pu réaliser 3 expos dans ce lieu unique où j’ai également eu l’occasion de rencontrer d’autres artistes inspirants !
A : Les oeuvres ont connu un succès ?
E : Je ne suis personne, et pourtant tout s’est vendu, ça m’a fait beaucoup de bien pour mon estime de moi ! Quand tu vends une pièce à 1000 € en galerie, ça te touche forcément, tu es hyper reconnaissant. J’ai tellement de réalisations chez moi sur lesquelles j’ai beaucoup bossé, savoir que ça finit chez quelque qu’un ça fait chaud au coeur.
A : Entre temps, je vois que tu as reçu un trophée Hoplawards qui trône dans ton atelier !
E : J’ai fait quelques concours – beaux arts, molotow – que j’ai gagné ! J’ai également réalisé la couverture de Coze magazine en 2014 et ai reçu un hoplawards pour ça.
A : Quel matos utilises-tu pour dessiner ?
E : Je réalise principalement des dessins au feutre acrylique, cela permet de faire des retouches à l’infini. Sinon de l’aquarelle, de l’encre de chine et des sprays pour réhausser les couleurs. Je me développe de plus en plus avec les bombes et la 3D. Comme support, j’utilise surtout des toiles ainsi que du papier texturé, mais même de simples sachets de courses deviennent des oeuvres d’art avec moi (rires).
A : On voit également de la technologie chez toi !
E : J’ai une imprimante 3D que je n’utilise pas pour imprimer tout et n’importe quoi, mais au service de ce que je fais main ! J’ai aussi un bras articulé qui me permet de faire des photos, vidéos ou des projections si je fais une fresque par exemple !
A : Réalises-tu également sur commande ?
E : Je fais des dessins et portraits à la demande mais ce n’est pas rentable car j’aime discuter avec les gens, je me nourris des échanges. Je fais beaucoup d’animaux, de portraits de personnes célèbres. J’expédie en France et à l’étranger, j’ai même eu une commande des États Unis ! Par contre les frais de transport s’envolent vite…
A : À quel rythme te voues-tu à ta passion ?
E : J’essaie d’être très productif. Après. autant je peux peindre une toile par jour – notamment grâce à l’acrylique qui sèche vite — je peux avoir la tête dans le guidon…Des fois j’ai 1000 trucs en tête, une vraie soif à assouvir… mais seulement 3 de concrétisées ! C’est pourquoi je vais prendre 11 mois en 2026 sous la forme d’une année sabbatique. Ce sera aussi l’occasion pour moi de m’adonner à ma passion tout en me permettant de faire des tâches chronophages que je repoussais comme mon site ou de l’administratif.
A : Ton travail à Apple ne te plaît plus ? Une césure avant de tout plaquer pour une vie d’artiste à temps plein ?
E : Je ne pense pas. Au contraire, j’aime beaucoup mon travail, où je donne également des formations de dessin sur tablette. J’y fais de très belles rencontres et y dévoile ma passion. Ca me permet aussi de gagner ma vie. Je ne veux pas devoir me lever en pensant qu’il me faut « répondre à la demande » et accepter des projets qui ne me plaisent pas simplement pour faire rentrer de l’argent…
A : Que vas tu faire de ces 11 mois ?
E : L’intérêt de cette césure va être de prospecter des galeries où exposer mais aussi me renseigner sur des résidences d’artistes pour se motiver à plusieurs. Je vais également exposer dans deux galeries, dans le Sud et dans l’Ouest. Je vais aussi toquer à la porte de certaines galeries locales, même si ce n’est pas trop mon truc de démarcher, mettre mon ego de côté tout en sachant que je ne suis personne…
A : Qu’est ce qui te manque actuellement?
E : Clairement ? La régularité !
Je ne suis pas discipliné mais je ne veux pas forcer la création. Il faut en faire une routine régulière, et on a la toile blanche, ne pas hésiter à se servir de l’IA pour s’inspirer. Il faut des fois se forcer à produire, faire quelque chose de ses dix doigts. Il arrive que ça parte dans tous les sens, il suffit de se focaliser, piocher dans ses idées même si seulement 10% sera finalisé.
C’est bien de toucher à tout, mais alors tu n’excelles dans rien ! J’ai été obligé de me discipliner avec le challenge inktober !
A : Inktober ? Tu peux nous en dire plus ?
E : C’est un défi souvent réalisé par les tatoueurs qui se déroule entre le 1ᵉʳ et 31 octobre. Le but est de produire un dessin par jour suivant des contraintes qui changent chaque année, tous les jours tu dois créer quelque chose à partir d’un mot ou d’un thème. Non seulement ça force à produire tous les jours mais en plus ça développe l’imagination !
A : Comment t’y es-tu pris ?
E : J’ai décidé de faire des minis toiles inspirées de jeux vidéos que j’ai insérées dans des sortes de cartouches de gameboy générées par mon imprimantes 3D. Il y avait des mots comme « tronc », « joyau », « devil »… J’en ai fait des toiles liées à divers jeux dont les sims, animal crossing, … Je le mets en vente à 50 € sur mon site, j’en ai déjà vendu quelques unes !
A : Justement comment tu te situes côté tarif ?
E : Je ne cherche pas particulièrement à faire de l’argent, mon travail à Apple paie mes besoins! J’utilise aussi du papier épais, c’est moins kiffant à faire mais plus abordable côté prix, idem pour les posters ! Je veux garder les pieds sur terre ! L’argent c’est que du plus, je peux vendre un tigre à 150€ comme des originaux telle une commande d’un portrait de Clint Eastwood pour Noël à 600 € !
A : Tu parlais d’Intelligence Artificielle, qu’en penses-tu ?
E : Pas de haine, juste un regard critique dessus ! Mais c’est ok tant que c’est admis et explicité, il ne faut pas berner les gens. C’est un moyen de s’inspirer, plus simple et rapide que scroller Pinterest. Je lui demande parfois des éléments comme un visuel en contre plongée, pour voir ce qu’il propose. Ça me donne une idée puis je crée moi même.
A : On te voit très présent sur les réseaux sociaux…
E : Ce n’est pas mon dada, mais j’en profite pour suivre l’actualité, les artistes qui me plaisent. Je profite du côté viral et joue le jeu en me mettant en scène : coulisses de mon travail, foire aux questions… Il faut poster régulièrement pour rester dans le coup, mais pour moi c’est du temps consacré à l’art de perdu, où l’on n’est pas productif … Mais ce n’est pas pareil qu’exposer en galerie et rencontrer de potentiels acheteurs ou simples passionnés d’art comme moi.
A : C’est d’ailleurs à la Popartiserie que tu as connu Djeb, président de l’association Touch Arts et organisateur des Marchés des créateurs !
E : Oui, on a de suite eu un très bon feeling. On s’est perdus de vue puis récemment il m’a proposé de faire le visuel 2026 du Marché des créateurs. Il m’a voué une confiance aveugle et m’a donné carte blanche ! Il m’encourage à poursuivre dans le domaine, c’est très motivant. Djeb m’a donné un mois pour faire deux visuels et j’ai dit banco ! C’était un challenge pour moi car je n’ai pas l’habitude du vectoriel. Ça m’a demandé de revoir mon travail. Pour ces deux couvertures, j’ai dû sortir de mes habitudes.
A : Ah c’est donc toi qui a réalisé ces deux magnifiques visuels ! Quelles inspis ?
E : J’ai fait une version hiver et une été : luge, bonhommes de neige pour la première, bouées et verre à cocktail pour l’autre – entre autres détails ! J’ai bien sûr fait l’honneur à l’Alsace, avec des bretzels, bières ou cigogne ! Evidemment, j’ai matérialisé différents corps de métier, représentant la diversité des arts présents sur les marchés des créateurs à travers des mains, outil principal des artisans : la couture avec des bobines de fil, la poterie, le bricolage avec une scie, l’artiste avec un crayon. Cette affiche est pleine de détails et mérite de s’arrêter dessus pour y déceler les différentes références !
A : Ça t’a donné envie d’y exposer ?
E : Oui, avec mon année sabbatique, j’ai plus de temps ! J’ai déjà bloqué les dates car j’ai du temps cette année, je vais en profiter pour produire davantage et réaliser des pins fabriqués avec mon imprimante 3D et peints par moi même !
A : Donc pour découvrir ton talent, nous aurons l’occasion de te croiser aux marchés des créateurs !
E : Oui, il ne faut pas hésiter à venir me voir, je suis certes très bavard mais je me nourris des rencontres !
Vous savez ce qu’il vous reste à faire pour rencontrer ce bienveillant, passionné et passionnant artiste !
Pour le retrouver :
Instagram : https://www.instagram.com/en4ki
Site officiel : https://www.en4ki.com
Interview réalisée par Alice Kawaciw – https://alice-kawaciw.fr/
























