Marché des Créateurs

L’Octogone des poètes

Quand :
17 mai 2018 @ 18 06 00 05005 – 21 09 00 05005
2018-05-17T18:00:00+00:00
2018-05-17T21:00:00+00:00
Où :
Divanoo
Contact :
MAILTO:noreply@facebookmail.com

C’était il y a plus de trois mois, le lendemain je l’ai écrit, lorsque pour la première fois a eu lieu, L’Octogone des poètes, au début, nous n’étions pas aussi nombreux que nous aurions aimé. Des sièges et des coussins étaient vides quand nous avons commencé. Pas de la façon dont nous l’avions prévu, Temenuzhka et moi. Je n’ai pas soudainement pris la parole. Les huit que nous étions, nous nous sommes partagé la lecture du poème J’ai vu de Michel Butor.

Ensuite au micro, j’ai dit le poème que j’ai intitulé Intempérance, et pas celui que j’escomptais soudainement dire au début, parce qu’il n’y a pas de règle et que je le dirai une autre fois. Jeff a ensuite pris la parole, pour la première fois en public nous a-t-il dit, pour lire un poème qu’il avait terminé d’écrire la veille. On en a ensuite un peu parlé. Et c’est bien, on l’a fait un peu toute la soirée, entre les poèmes, et on le fera encore. Celui qui à peine arrivé nous avait dit qu’il ne prendrait pas la parole, l’a prise, pour lire un poème de serge Pey, puis plus tard un autre, de Victor Hugo et d’autres plus tard encore. Mais avant ça mon ami Sammy nous a rejoints et tous ont pris la parole, pour dire ou lire des poèmes à eux ou d’autres morts ou vivants, d’ici ou d’ailleurs.

On a alors aussi entendu de l’anglais, de l’arabe, de l’espagnol, du bulgare, du russe, de l’allemand ; Alexandre Pouchkine, Joaquin Sabina, Stéphane Mallarmé, Lyubomir Levchev, Mahmoud Darwich, Paul Valéry, Salim Barakat, Charles Baubelaire, William Morris, Georges Fourest, Ghérasim Luca, Pablo Neruda, Paul Éluard… J’en oublie, cependant que d’autres qui passaient par là se sont joint à nous et en ont fait autant. Et j’ai eu plaisir à leur dire d’autres de mes textes que je ne pensais pas dire.

Cet incertain sonnet, les voyages en tram que je dis au slam. Sans le micro l’octogone est un théâtre, scène et parterre de poètes, d’amoureuses, d’amoureux qui écoutent, scénographie émoustillante, sonorités chaudes et boisées, métal inerte résonnant en silence sous la voute toute ouverte qui les laisse s’échapper. Les arbres nous écoutaient-ils ? Avec quel organe ? l’ont-ils entendu ? Ressenti ? Plus tardivement qu’on ne l’espérait d’autres amis sont passés, Bacouly est restée. Et tandis que Nicolas nous emmenait loin dans Une saison en enfer, j’avais descendu les quelques marches, à dessein, l’oreille ouverte, je me suis éloigné du kiosque, ai fait bruisser l’allée jusqu’à deux bancs de là, un homme y était installé. A ses côtés, la prose de Rimbaud s’entendait encore distinctement. Etait-ce pour ça qu’il s’était installé là. Parce que le Rimbaud d’Une saison en enfer n’est vraiment pas celui qu’il préfère. Il s’appelle Didier et il est poète. Il arrive à le dire facilement, ça m’a toujours impressionné.

Il a un truc : il est poète de métier pas de profession ou l’inverse. Je ne suis pas sûr de comprendre. Mais il m’a raccompagné jusqu’au kiosque octogonal quoi que Nicolas continuât à faire couler le Mauvais Sang Rimbaldien. Il ne nous a pas tari. Je ne sais plus qui, ni quel poète ni quel lecteur avec quel poème a clôturé la soirée. Didier n’en a pas dit, mais il nous a invités à venir les écouter lire de ses textes, lui et un de ses amis comédien, et il reviendra la semaine prochaine et en fera autant, peut-être avec son ami.

Il n’y a pas de règle ! On ne refusera pas les poètes de métier, pas même les professionnels, comédiens, artistes, dilettantes de toute façon je n’y comprends rien, enfin je ne crois pas, je ne crois pas qu’on puisse, il va falloir qu’on s’en assure, qu’on le confirme, si nécessaire qu’on l’affirme. Pourvu que la poésie continue à vivre dans cet endroit, ce kiosque, ce parc. Le lendemain je l’ai écrit et aussi que certains ont dit que ce soir-là c’était un peu magique là-bas.

Depuis d’autres en ont dit autant des soirées qui ont suivis
Pourvu, faisons que ça le soit ici aussi !
Et ailleurs aussi ! Encore !

Le 12 novembre 2017
Alexandre Schmitt

https://www.facebook.com/events/2074370246112315/